đŸ Ăcole du sabbat en bref
Comprendre, approfondir et vivre la leçon de la semaine.
âïž 1 ET 2 CORINTHIENS
đ Leçon 6 â Les dons spirituels
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Semaine dâĂ©tude : 1erâ7 aoĂ»t 2026
đïž Sabbat : 8 aoĂ»t 2026
đïž 3e trimestre 2026 : 1 et 2 Corinthiens
Avec la sixiĂšme leçon, nous abordons lâun des thĂšmes les plus connus, mais aussi les plus souvent mal compris de la premiĂšre Ă©pĂźtre aux Corinthiens : les dons spirituels. Paul ne les traite pas pour Ă©tablir un classement des capacitĂ©s les plus impressionnantes, mais parce que les dons accordĂ©s par Dieu pour lâĂ©dification de son Ăglise Ă©taient prĂ©cisĂ©ment devenus Ă Corinthe une cause de rivalitĂ©, de dĂ©sordre et dâorgueil spirituel. Les chapitres 12 Ă 14 de la premiĂšre Ă©pĂźtre aux Corinthiens forment donc un ensemble cohĂ©rent : le chapitre 12 prĂ©sente la diversitĂ© des dons au sein dâun seul corps, le chapitre 13 dĂ©crit lâamour comme le fondement indispensable de leur utilisation et le chapitre 14 examine comment ces dons peuvent ĂȘtre employĂ©s afin dâĂ©difier rĂ©ellement lâĂglise. Le guide dâĂ©tude rĂ©sume trĂšs justement cette pensĂ©e fondamentale : Dieu accorde des dons diffĂ©rents afin que cette diversitĂ© produise prĂ©cisĂ©ment lâunitĂ©.
đ Verset Ă mĂ©moriser
« Recherchez lâamour. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout Ă celui de prophĂ©tie. »
1 Corinthiens 14.1
Dans une seule phrase, Paul associe deux rĂ©alitĂ©s qui ne doivent jamais ĂȘtre sĂ©parĂ©es : les dons spirituels et lâamour spirituel. Il ne suffit pas de possĂ©der un don si celui-ci est employĂ© pour se mettre en valeur, entrer en rivalitĂ© avec les autres ou produire de la confusion. De mĂȘme, lâamour ne signifie pas que les dons spirituels seraient sans importance. LâĂglise a besoin des deux : des diffĂ©rentes capacitĂ©s accordĂ©es par le Saint-Esprit et de lâamour conforme au caractĂšre de Christ qui dĂ©termine la maniĂšre dont elles sont employĂ©es.
Câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que se trouve la clĂ© de toute la leçon. La premiĂšre question nâest pas : « Quel est le plus grand don ? », mais : « Comment ce que Dieu mâa donnĂ© peut-il servir les autres et glorifier Christ ? »
đ§ De quoi sâagit-il ?
LâĂglise de Corinthe possĂ©dait apparemment une remarquable diversitĂ© de dons spirituels. Paul mentionne la sagesse, la connaissance, la foi, les guĂ©risons, les miracles, la prophĂ©tie, le discernement des esprits, les langues et leur interprĂ©tation. Cette abondance de capacitĂ©s spirituelles ne produisait pourtant pas automatiquement une Ăglise mĂ»re. Certains Corinthiens semblaient accorder une valeur supĂ©rieure aux dons spectaculaires, faisant ainsi rĂ©apparaĂźtre la maniĂšre de penser que Paul avait dĂ©jĂ critiquĂ©e dans les premiers chapitres : les personnes se comparaient entre elles et associaient la valeur spirituelle Ă lâimportance visible.
Paul ne rĂ©pond pas en supprimant les dons ou en minimisant leur importance. Il explique plutĂŽt leur origine et leur objectif. Il existe diffĂ©rents dons, diffĂ©rents ministĂšres et diffĂ©rentes opĂ©rations, mais derriĂšre eux se trouvent le mĂȘme Esprit, le mĂȘme Seigneur et le mĂȘme Dieu. Le Saint-Esprit ne distribue pas les dons selon le prestige humain, mais « comme il veut », et chaque don est accordĂ© pour le bien de toute la communautĂ©.
Une vĂ©ritĂ© dĂ©cisive devient ainsi visible : un don spirituel nâest pas une possession personnelle destinĂ©e Ă lâaccomplissement de soi, mais une capacitĂ© confiĂ©e pour servir. Personne ne peut sâenorgueillir de son don puisquâil ne lâa pas produit lui-mĂȘme ; en mĂȘme temps, personne ne doit se sentir infĂ©rieur parce que sa fonction est moins visible.
đ La leçon en un coup dâĆil
Dans 1 Corinthiens 12, Paul ne commence pas son explication par une liste de capacitĂ©s particuliĂšres, mais, de maniĂšre remarquable, par cette confession : « JĂ©sus est Seigneur. » Cette confession est elle-mĂȘme lâexpression de lâaction du Saint-Esprit. Dans le monde romain, cette dĂ©claration reprĂ©sentait bien davantage quâune formule religieuse privĂ©e. Celui qui reconnaissait JĂ©sus comme Seigneur plaçait sous lâautoritĂ© de Christ la loyautĂ© suprĂȘme de sa vie. Câest uniquement sur ce fondement que tous les autres dons peuvent ĂȘtre correctement compris.
Paul souligne ensuite simultanĂ©ment la diversitĂ© et lâunitĂ©. Il existe diffĂ©rents dons, mais le mĂȘme Esprit ; diffĂ©rents ministĂšres, mais le mĂȘme Seigneur ; diffĂ©rentes opĂ©rations, mais le mĂȘme Dieu. La diversitĂ© nâest donc pas un problĂšme quâil faudrait surmonter. Elle est voulue par Dieu. Une Ăglise saine nâest pas composĂ©e de personnes capables dâaccomplir les mĂȘmes choses, dâassumer les mĂȘmes fonctions et de possĂ©der la mĂȘme personnalitĂ©. Elle ressemble plutĂŽt Ă un organisme vivant dans lequel des membres trĂšs diffĂ©rents fonctionnent ensemble.
Lâimage bien connue du corps de Christ rend cette pensĂ©e particuliĂšrement concrĂšte. Un corps est constituĂ© dâyeux, de mains, de pieds, dâoreilles et de nombreux autres organes. Câest prĂ©cisĂ©ment parce quâils sont diffĂ©rents quâils peuvent former ensemble un corps fonctionnel. Si le corps tout entier Ă©tait un Ćil, il pourrait voir, mais ne pourrait ni entendre, ni marcher, ni saisir quoi que ce soit. De mĂȘme, lâĂglise a besoin de personnes possĂ©dant des dons diffĂ©rents. Lâenseignant a besoin de celui qui offre une aide pratique, le prĂ©dicateur de celui qui prie fidĂšlement dans le silence, lâorganisateur de celui qui accompagne pastoralement, le musicien de celui qui sait Ă©couter, et les ministĂšres visibles ont besoin de tous ceux dont le travail passe peut-ĂȘtre presque inaperçu.
Paul va mĂȘme plus loin en dĂ©clarant que les membres qui paraissent les plus faibles sont nĂ©cessaires. Il sâoppose ainsi Ă toute culture spirituelle qui valoriserait uniquement les tĂąches visibles, publiques ou spectaculaires. Aux yeux de Dieu, un service discret peut avoir autant dâimportance quâune prĂ©dication adressĂ©e Ă des centaines de personnes. La question nâest pas de savoir combien de personnes remarquent notre don, mais si nous lâutilisons fidĂšlement lĂ oĂč Dieu en a besoin.
Personne ne doit donc pouvoir dire : « On nâa pas besoin de moi. » Lorsque Dieu appelle des personnes Ă faire partie de son corps, il leur accorde Ă©galement des possibilitĂ©s de servir. Certains dons doivent peut-ĂȘtre encore ĂȘtre dĂ©couverts, dĂ©veloppĂ©s ou encouragĂ©s, mais personne nâest appelĂ© Ă demeurer un simple spectateur de la vie de lâĂglise. De mĂȘme, aucune personne trĂšs douĂ©e ne doit dĂ©clarer : « Je nâai pas besoin des autres. » Lâimage du corps montre prĂ©cisĂ©ment notre dĂ©pendance mutuelle. Personne ne possĂšde tous les dons et personne ne peut accomplir seul la mission de Dieu.
Cependant, Paul sait que mĂȘme cette vĂ©ritĂ© ne suffit pas encore. Ă la fin du chapitre 12, il conduit donc ses lecteurs vers une « voie par excellence » et place le cĂ©lĂšbre chapitre sur lâamour entre les deux chapitres consacrĂ©s aux dons spirituels. Ce nâest donc pas par hasard que 1 Corinthiens 13 se trouve Ă cet endroit, et ce chapitre nâa pas Ă©tĂ© Ă©crit premiĂšrement comme un texte romantique destinĂ© aux mariages. Il constitue la rĂ©ponse de Dieu Ă une mauvaise utilisation des dons spirituels.
Paul emploie des formulations radicales : une personne pourrait parler dâune maniĂšre extraordinaire, possĂ©der les connaissances les plus profondes, avoir une foi capable de transporter des montagnes, distribuer tous ses biens et mĂȘme consentir aux plus grands sacrifices ; si lâamour lui manque, tout cela perd sa valeur spirituelle. Le guide dâĂ©tude souligne donc que lâamour nâest pas simplement un don supplĂ©mentaire parmi les autres, mais la voie par laquelle tous les dons peuvent atteindre leur objectif divin.
La maniĂšre dont Paul dĂ©crit lâamour est Ă©galement remarquable. Il ne le dĂ©finit pas premiĂšrement comme un sentiment, mais par des actions : lâamour est patient et plein de bontĂ©, il ne recherche pas son propre intĂ©rĂȘt, ne se vante pas, ne garde pas le souvenir du mal, se rĂ©jouit de la vĂ©ritĂ©, supporte, croit, espĂšre et endure tout. La maturitĂ© spirituelle devient ainsi Ă©tonnamment pratique. Un chrĂ©tien trĂšs douĂ© qui blesse constamment les autres ne peut pas se rĂ©fugier derriĂšre son don. Plus le Saint-Esprit remplit une personne, plus le caractĂšre de Christ devrait devenir visible Ă cĂŽtĂ© de ses capacitĂ©s.
đ Approfondissons une pensĂ©e
Le don ne mâappartient pas â il mâa Ă©tĂ© confiĂ©
De nombreuses difficultĂ©s liĂ©es aux dons spirituels apparaissent lorsque nous commençons Ă les considĂ©rer comme une composante de notre importance personnelle. Un don devient alors facilement un symbole de statut. Une personne se sent prĂ©cieuse tant que sa fonction est visible, puis menacĂ©e dĂšs quâune autre semble accomplir le mĂȘme travail avec davantage de compĂ©tence. Le service se transforme alors en rivalitĂ©.
La pensĂ©e de Paul est exactement opposĂ©e. Le Saint-Esprit distribue les dons comme il le veut. Cela signifie que ni le don lui-mĂȘme ni les rĂ©sultats quâil produit ne sont finalement notre propriĂ©tĂ©. Lorsque Dieu accorde une capacitĂ© particuliĂšre Ă une personne, cela ne signifie pas que celle-ci est plus importante que les autres, mais quâune responsabilitĂ© particuliĂšre lui a Ă©tĂ© confiĂ©e.
Cela transforme Ă©galement notre maniĂšre de considĂ©rer les dons moins remarquĂ©s. Certains ministĂšres peuvent facilement passer inaperçus dans lâĂglise parce quâils ne sâaccomplissent pas sur une estrade. Pourtant, une personne qui prie fidĂšlement, visite les malades, accompagne les jeunes, assume des tĂąches techniques, Ă©coute les autres, accueille les personnes ou porte leurs fardeaux par une aide concrĂšte peut tout autant agir sous lâinfluence du Saint-Esprit que quelquâun qui prĂȘche publiquement.
La question dĂ©cisive nâest donc pas : « Quel don me rendra important ? », mais : « Quâest-ce que Dieu mâa confiĂ© afin que je puisse servir les autres ? »
Lorsque cette attitude grandit, la comparaison avec les autres perd son pouvoir. Je ne dois pas possĂ©der le don de mon prochain, puisque Dieu a intentionnellement créé les membres du corps diffĂ©rents les uns des autres. Ma mission consiste Ă dĂ©velopper fidĂšlement ce qui mâa Ă©tĂ© confiĂ© tout en reconnaissant avec gratitude les dons des autres.
đŁïž Le parler en langues â don ou confusion ?
Une partie particuliĂšrement importante de la leçon concerne le don des langues dans 1 Corinthiens 14. Câest prĂ©cisĂ©ment dans ce domaine que de graves problĂšmes Ă©taient apparemment apparus Ă Corinthe. Paul ne rejette pas ce don, mais lui impose des limites claires. Tout ce qui se dĂ©roule durant le culte public doit contribuer Ă lâĂ©dification de lâĂglise. Si une personne parle dans une langue que les auditeurs ne comprennent pas, une interprĂ©tation doit donc ĂȘtre donnĂ©e ; autrement, il nâen rĂ©sulte aucune Ă©dification spirituelle, mais seulement de lâincomprĂ©hension.
Le guide dâĂ©tude comprend le don biblique des langues, dans le contexte de Marc 16, Actes 2, Actes 10 et Actes 19, comme la capacitĂ© accordĂ©e par le Saint-Esprit de parler de vĂ©ritables langues Ă©trangĂšres. LâĂ©vĂ©nement de la PentecĂŽte en offre lâexemple le plus clair : des personnes venues de diffĂ©rents pays entendirent les disciples annoncer dans leur propre langue les merveilles de Dieu. Ă Corinthe, Paul ne critique donc pas le don lui-mĂȘme, mais son utilisation dĂ©sordonnĂ©e ou excessive.
Son critĂšre demeure le mĂȘme dans toute cette section : LâĂglise comprend-elle ce qui est dit et en est-elle Ă©difiĂ©e ? LâexpĂ©rience spirituelle ne doit pas devenir une fin en soi. MĂȘme un vĂ©ritable don de lâEsprit doit ĂȘtre employĂ© dâune maniĂšre qui serve les autres.
Paul sâoppose ainsi Ă©galement Ă lâidĂ©e que chaque chrĂ©tien rempli de lâEsprit devrait nĂ©cessairement possĂ©der le mĂȘme don. Dans 1 Corinthiens 12, il demande dĂ©jĂ de maniĂšre rhĂ©torique si tous sont apĂŽtres, prophĂštes ou enseignants et si tous parlent en langues. La rĂ©ponse attendue est nĂ©gative. La diversitĂ© des dons appartient prĂ©cisĂ©ment Ă la nature du corps de Christ.
đ Le don de prophĂ©tie
Dans 1 Corinthiens 14, Paul accorde Ă la prophĂ©tie une importance particuliĂšre par rapport au parler en langues, car elle contribue directement Ă lâĂ©dification, Ă lâexhortation et Ă la consolation de lâĂglise. Dans la Bible, prophĂ©tiser ne signifie pas exclusivement prĂ©dire des Ă©vĂ©nements futurs. Un prophĂšte parle au nom de Dieu et communique un message qui conduit les ĂȘtres humains Ă la foi, Ă la repentance et Ă la fidĂ©litĂ©.
ĂphĂ©siens 4 montre Ă©galement que les dons spirituels sont accordĂ©s Ă lâĂglise afin de prĂ©parer les croyants au service, dâĂ©difier le corps de Christ et de conduire lâĂglise Ă la maturitĂ© spirituelle. Aussi longtemps que cet objectif nâest pas entiĂšrement atteint, les dons demeurent nĂ©cessaires. LâinterprĂ©tation adventiste ne considĂšre donc pas le don prophĂ©tique comme une rĂ©alitĂ© qui aurait nĂ©cessairement disparu Ă la mort des apĂŽtres.
La Bible exige simultanĂ©ment que toute prĂ©tention prophĂ©tique soit examinĂ©e. La leçon mentionne plusieurs critĂšres bibliques : un message ne doit pas contredire la Parole dĂ©jĂ rĂ©vĂ©lĂ©e de Dieu, les vĂ©ritables prĂ©dictions prophĂ©tiques doivent sâaccomplir, la vie du messager doit rĂ©vĂ©ler une relation avec Christ et JĂ©sus lui-mĂȘme affirme que les vrais et les faux prophĂštes sont reconnus Ă leurs fruits.
Dans ce contexte, la leçon renvoie Ă©galement Ă Apocalypse 12.17 et 19.10 et traite de la comprĂ©hension adventiste du ministĂšre prophĂ©tique dâEllen G. White. Celle-ci nâest pas considĂ©rĂ©e comme un substitut Ă la Bible. Les Saintes Ăcritures demeurent la norme permettant dâĂ©valuer tout autre message spirituel. La conviction adventiste affirme plutĂŽt que le don prophĂ©tique dĂ©crit par le Nouveau Testament pour lâĂglise peut Ă©galement ĂȘtre actif au temps de la fin.
đ La Bible explique la Bible
Romains 12.4â8 complĂšte lâimage prĂ©sentĂ©e dans 1 Corinthiens 12. Paul y dĂ©crit Ă©galement un corps possĂ©dant de nombreux membres et mentionne diffĂ©rents dons, tels que la prophĂ©tie, le service, lâenseignement, lâencouragement, la gĂ©nĂ©rositĂ©, la direction et la compassion. Il est remarquable que des formes de service trĂšs pratiques apparaissent Ă cĂŽtĂ© des fonctions publiquement visibles. Cela confirme que la comprĂ©hension divine dâun don spirituel est beaucoup plus vaste que notre tendance habituelle Ă nous concentrer sur la prĂ©dication ou la direction publique.
ĂphĂ©siens 4.11â13 prĂ©sente ensuite lâobjectif commun de tous les dons. Les apĂŽtres, les prophĂštes, les Ă©vangĂ©listes, les pasteurs et les docteurs nâexistent pas afin que certaines personnes soient particuliĂšrement mises en avant, mais afin de prĂ©parer les croyants et dâĂ©difier le corps de Christ. Un don spirituel accomplit donc son objectif lorsque dâautres personnes sont fortifiĂ©es par son intermĂ©diaire.
1 Pierre 4.10 rĂ©sume cette pensĂ©e dâune maniĂšre particuliĂšrement concise : chacun doit mettre au service des autres le don quâil a reçu. Pierre parle Ă ce propos de la grĂące infiniment variĂ©e de Dieu. Les diffĂ©rents dons constituent ainsi diffĂ©rentes voies par lesquelles la mĂȘme grĂące divine atteint les ĂȘtres humains.
Enfin, Actes 2 montre dâune maniĂšre exemplaire pourquoi le don des langues fut accordĂ© : lâĂvangile devait franchir les barriĂšres linguistiques et atteindre des personnes appartenant Ă diffĂ©rents peuples. Un don de lâEsprit ne conduit donc jamais uniquement Ă lâadmiration de la personne qui le possĂšde, mais toujours plus loin, vers la mission de Dieu.
đŹ Questions de rĂ©flexion
Comment puis-je dĂ©couvrir mes dons spirituels ? Cela ne se produit souvent pas au cours dâun seul moment extraordinaire, mais lorsque nous commençons Ă servir. Nous pouvons alors observer dans quels domaines Dieu utilise particuliĂšrement notre engagement, quelles tĂąches sont considĂ©rĂ©es par les autres comme utiles et quelles responsabilitĂ©s Ă©veillent en nous un profond sentiment de mission spirituelle. Les commentaires de chrĂ©tiens mĂ»rs peuvent Ă©galement nous aider Ă reconnaĂźtre des dons que nous avons peut-ĂȘtre nous-mĂȘmes sous-estimĂ©s.
Que se passe-t-il lorsquâune Ăglise valorise seulement quelques dons ? Une mentalitĂ© de spectateur peut facilement apparaĂźtre. Un petit nombre de personnes assume presque toutes les tĂąches tandis que beaucoup dâautres pensent nâavoir rien Ă offrir. Lâimage du corps employĂ©e par Paul sâoppose prĂ©cisĂ©ment Ă cette Ă©volution. Une Ăglise saine aide les personnes Ă dĂ©couvrir leurs diffĂ©rents dons et Ă les employer de maniĂšre responsable.
Un vĂ©ritable don spirituel peut-il ĂȘtre mal employĂ© ? Corinthe montre clairement que cela est possible. Un don peut ĂȘtre authentique tout en Ă©tant exercĂ© avec orgueil, dans un esprit de rivalitĂ© ou sans considĂ©ration pour lâĂglise. Lâexistence dâune capacitĂ© extraordinaire ne suffit donc pas Ă prouver la maturitĂ© spirituelle. La vĂ©ritĂ©, lâordre, lâamour et les fruits produits sont Ă©galement dĂ©terminants.
Pourquoi Paul place-t-il lâamour entre ses deux chapitres consacrĂ©s aux dons spirituels ? Parce que lâamour dĂ©termine si un don correspond au caractĂšre de Christ. Sans lâamour, mĂȘme une rĂ©alitĂ© impressionnante peut devenir un simple bruit spirituel. Avec lâamour, en revanche, mĂȘme un service apparemment insignifiant peut acquĂ©rir une importance considĂ©rable.
đ± Comprendre â approfondir â vivre
Dans cette leçon, comprendre signifie reconnaĂźtre que tout ministĂšre spirituel trouve son origine en Dieu. Les dons ne sont pas des distinctions accordĂ©es Ă des chrĂ©tiens particuliĂšrement prĂ©cieux, mais des instruments distribuĂ©s par le Saint-Esprit pour lâĂ©dification du corps. Il nâexiste donc aucune raison de sâenorgueillir spirituellement ni de se sentir infĂ©rieur.
Approfondir signifie prendre au sĂ©rieux la relation entre le don et le caractĂšre. Ce nâest pas par hasard que 1 Corinthiens 13 se trouve entre les chapitres 12 et 14. Dieu ne sâintĂ©resse pas uniquement Ă ce que nous faisons, mais Ă©galement Ă la maniĂšre dont nous le faisons. Un don extraordinaire ne pourra jamais remplacer la patience, lâhumilitĂ©, la fidĂ©litĂ© Ă la vĂ©ritĂ© et lâamour.
Enfin, vivre signifie passer du rĂŽle de spectateur Ă celui de collaborateur. Chaque chrĂ©tien peut demander Ă Dieu oĂč ses capacitĂ©s sont nĂ©cessaires. Tous ne prĂȘcheront pas, nâenseigneront pas ou ne dirigeront pas, mais chacun peut servir. Certains dons seront publiquement visibles, tandis que dâautres demeureront presque cachĂ©s. Devant Dieu, cependant, ce nâest pas la visibilitĂ© qui est dĂ©terminante, mais la fidĂ©litĂ©.
đ Ellen White sur ce thĂšme
La leçon du vendredi prĂ©sente une trĂšs belle pensĂ©e dâEllen White. Elle dĂ©crit les diffĂ©rentes maniĂšres dont les personnes peuvent ĂȘtre douĂ©es pour lâĆuvre de Dieu : lâune sait bien parler, une autre Ă©crire, une autre encore possĂšde un don particulier pour la priĂšre ou le chant, tandis quâune autre peut expliquer la Parole de Dieu avec une clartĂ© particuliĂšre. Lâessentiel nâest pas que tous accomplissent la mĂȘme chose, mais que leurs diffĂ©rentes capacitĂ©s agissent ensemble sous la mĂȘme direction.
Ellen White met donc Ă©galement en garde contre le mĂ©pris des dons qui paraissent moins importants. Son conseil peut ĂȘtre rĂ©sumĂ© ainsi : ne regarde pas constamment Ă toi-mĂȘme en te demandant si ta tĂąche paraĂźt suffisamment importante, mais regarde Ă Christ et accomplis avec humilitĂ© et amour ce que tu peux faire. Elle souligne Ă©galement que les chrĂ©tiens ont besoin des capacitĂ©s et des connaissances des autres et que les diffĂ©rents dons doivent ĂȘtre associĂ©s afin dâĂ©difier lâĂglise.
Cette pensĂ©e correspond parfaitement Ă lâimage du corps de Christ. Dieu ne recherche pas une Ăglise composĂ©e de combattants religieux solitaires, dont chacun essaierait de prouver que son don est le plus important. Il crĂ©e une communautĂ© dans laquelle des personnes diffĂ©rentes se complĂštent et peuvent accomplir ensemble ce quâaucune dâentre elles ne pourrait rĂ©aliser seule.
⚠La pensée de ce sabbat
Lâun des plus grands dangers liĂ©s aux dons spirituels rĂ©side peut-ĂȘtre dans le fait que nous regardons constamment ce que nous ne possĂ©dons pas. Une personne aimerait avoir le don oratoire dâune autre, tandis quâune autre dĂ©sire son talent musical, sa capacitĂ© Ă diriger ou ses connaissances bibliques. Pendant que nous nous comparons, ce que Dieu nous a dĂ©jĂ confiĂ© personnellement risque de rester inutilisĂ©.
Paul nous invite Ă porter un regard entiĂšrement diffĂ©rent. Dans le corps de Christ, tout le monde nâest pas un Ćil, mais tout le monde nâa pas besoin de lâĂȘtre. Un pied nâa pas moins de valeur parce quâil ne peut pas voir, et une main nâest pas insignifiante parce quâelle ne peut pas entendre. Câest prĂ©cisĂ©ment leur diversitĂ© qui rend le corps capable de vivre.
Il en va de mĂȘme pour lâĂglise. Dieu nâa pas besoin de trois cents copies de la mĂȘme personne. Il appelle des personnalitĂ©s, des expĂ©riences, des dons et des parcours trĂšs diffĂ©rents et les unit par le mĂȘme Esprit pour former un seul corps.
Pourtant, mĂȘme la plus belle diversitĂ© ne suffirait pas encore. Câest pourquoi Paul nous conduit finalement des dons vers lâamour. La question la plus importante nâest pas de savoir si les autres admirent notre don, mais sâils dĂ©couvrent quelque chose de Christ Ă travers notre service.
Une personne ne prononcera peut-ĂȘtre jamais une grande prĂ©dication, mais Ă©coutera quelquâun au cours dâun moment difficile. Elle nâĂ©crira peut-ĂȘtre aucun livre de thĂ©ologie, mais aidera un enfant Ă connaĂźtre JĂ©sus. Son travail ne recevra peut-ĂȘtre jamais de reconnaissance publique, mais ses priĂšres fidĂšles soutiendront des personnes dont personne dâautre ne connaĂźt les besoins.
Dans le royaume de Dieu, lâimportance se mesure diffĂ©remment.
Les dons spirituels ne montrent pas qui parmi nous est le plus important. Ils montrent combien nous avons besoin les uns des autres. Lorsque chacun emploie avec amour ce qui lui a été confié, de nombreuses personnes différentes forment un seul corps, et Christ peut devenir visible à travers ce corps.
